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Le groupe minier Eramet se sépare de son directeur général arrivé en 2025, pour "divergences"
information fournie par Boursorama avec AFP 02/02/2026 à 14:36

( AFP / EMMANUEL DUNAND )

( AFP / EMMANUEL DUNAND )

Huit petits mois et puis s'en va: le groupe minier français Eramet a annoncé dimanche soir le départ de son directeur général Paulo Castellari, une décision surprise justifiée par un "problème de méthode" mais qui génère des incertitudes.

- Qui est Paulo Castellari?

Il y a moins d'un an, Christel Bories, alors PDG d'Eramet, disait au nom de son conseil d'administration sa satisfaction de l'arrivée de M. Castellari, louant son expérience internationale et "son expertise dans la gestion d'opérations complexes" dans la mine et les métaux.

Le Brésilo-Italien de 55 ans, en poste chez Eramet de fin mai à dimanche soir, travaille dans le secteur depuis plus de 30 ans, pour le géant britannique Anglo American, le spécialiste émirati de l'aluminium Emirates Global Aluminium (EGA) ou la société de capital-investissement spécialisée dans le secteur minier, Appian Capital Advisory.

Il était arrivé à la direction de l'entreprise alors que Mme Bories, PDG pendant huit ans, voulait consacrer plus de temps à sa famille.

Des plans temporairement contrecarrés: la présidente du conseil d'administration, 61 ans, est depuis dimanche de nouveau directrice générale de l'entreprise. Elle a précisé que les fonctions seront de nouveau séparées quand un successeur à M. Castellari aura été trouvé.

- Pourquoi ce départ précipité?

Le départ de ce dernier "est un choc car de l'extérieur, rien ne laissait présager des désaccords", ont estimé les analystes d'Oddo BHF lundi matin.

L'entreprise a évoqué des "divergences" sur "les modes de fonctionnement" pour le justifier, au terme d'un conseil d'administration qui s'est étiré dimanche soir.

Mme Bories a parlé d'"un problème de méthode", ainsi que des "divergences apparues au fil du temps" dans le "processus de prises de décision", ce qui a entamé la confiance entre conseil et direction.

Lundi, le cours de Bourse de l'entreprise dévissait de près de 7,5% vers 13H, à 68,30 euros. Difficile toutefois de connaître précisément l'impact du changement de dirigeant, car la forte volatilité des cours des métaux précieux pèse sur les entreprises minières dans leur ensemble.

Les analystes d'Oddo BHF jugent toutefois ce départ "décevant", car M. Castellari avait insufflé un nouvelle dynamique", "avec un recentrage plus clair sur l'exécution, les coûts ainsi que les capacités techniques".

M. Castellari et le directeur financier Abel Martins-Alexandre, lui-même arrivé en septembre, avaient présenté début décembre un programme destiné à améliorer la rentabilité dans les deux ans, pour "faire face aux conditions de marché difficiles et créer de la valeur".

- Quelles répercussions?

L'entreprise, qui publiera ses résultats annuels de 2025 le 18 février, a martelé dès dimanche que le départ "ne modifie absolument pas la stratégie" d'Eramet.

Sur les six premiers mois de l'année, elle avait enregistré une perte nette de 152 millions d'euros, pour 1,4 milliard d'euros de chiffre d'affaires.

L'entreprise produit du manganèse, utile pour la fabrication d'alliages, du nickel qui sert à faire de l'acier inoxydable et des batteries rechargeables, des sables minéralisés et, depuis fin 2024, du lithium également utilisé dans les batteries électriques.

Une source syndicale a indiqué à l'AFP avoir "très peu d'informations autre que celles communiquées en externe". Elle a loué la disponibilité de l'ancien dirigeant, et estimé que "le cap de l'entreprise restait le même" malgré ce départ.

De leur côté, les analystes d'Oddo BHF relèvent aussi "un historique de gouvernance contrasté, marqué par des intérêts divergents entre les deux principaux actionnaires", la famille Duval (37%) et l'Etat français (30%), ce qui pourrait "peser sur le processus de remplacement".

La première, discrète famille industrielle, est premier actionnaire du groupe depuis qu'elle lui a apporté son entreprise familiale métallurgique Aubert & Duval en 1999. Cette dernière a été revendue en 2023 à une holding réunissant Airbus, Safran et Tikehau Capital.

Une source proche des discussions a assuré à l'AFP que les deux principaux actionnaires étaient alignés au sujet du départ du dirigeant, et a estimé que l'entreprise n'aurait pas de mal à attirer des candidats pour le poste.

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